Dès le début des années 2000, Aires s’est intéressée à la démarche HQE®. Veille, enquête en 2004, note de réflexions en 2005, lancement d’une réflexion associant tous les acteurs concernés en 2007.
En 2008, dans le cadre de sa convention d’objectifs pluriannuelle avec le ministère des Sports, AIRES a proposé une action visant à tirer au mieux partie de la démarche dans le secteur des équipements sportifs.
La réunion que nous avons organisée le 21 mars a confirmé la volonté de toutes les parties prenantes, notamment les associations représentatives des collectivités territoriales et de leurs partenaires, le ministère des Sports, l’association HQE et Certivéa, de s’engager.
Le 9 avril, l’Association HQE a décidé d’inscrire les équipements sportifs à son programme. Elle a mandaté Certivéa (filiale du CSTB) pour l’élaboration des référentiels, un comité de pilotage animé par Association pour l’Information et la Recherche sur les Equipements de Sport et de loisirs et l’association HQE, en coopération avec Certivéa, étant mis en place. L’action est intitulée « Référentiel NF Bâtiments Tertiaires-Démarche HQE® dédié aux équipements sportifs »
Le ministère de la Santé et des Sports a décidé de s’impliquer fortement par une participation aux travaux et un apport financier.
Le comité de pilotage
Destiné à devenir le Comité d’application de la certification qui validera les référentiels, il est régi par le code de la consommation : sa composition est institutionnelle (organismes représentatifs des Institutionnels, des Maîtres d’ouvrage, des Utilisateurs et des Acteurs des équipements sportifs). Il se réunit tous les 3 mois, la 1ère réunion ayant eu lieu le 18 décembre.
L’objectif, fixé par le comité de pilotage, est de mettre à la disposition des maîtres d’ouvrage des référentiels de certification, libres d’accès, adaptés aux principales familles d’installations sportives, le plus rapidement possible. Il a donc décidé de donner la priorité aux installations les plus courantes ne couvrant pas tous les cas de figure possibles, étant entendu que par la suite les référentiels évolueront et que leur champ pourra s’élargir. Au moins dans un premier temps, ils sont établis pour des équipements neufs, et éventuellement la réhabilitation lourde permettant d’atteindre le niveau d’une construction neuve.
Ce sont des référentiels construction. Le référentiel exploitation tertiaire approuvé en juillet 2009 ne s’applique pas aux équipements sportifs. Une adaptation est à faire. Cela est spécialement important dans le cas des piscines.
La certification porte à la fois sur le système de management de l’opération et sur la qualité environnementale du bâtiment qui font chacun l’objet d’un référentiel technique. Elle est délivrée pour une opération, chaque construction étant une œuvre unique.
Il faut bien distinguer trois niveaux :
la qualité environnementale
la démarche HQE, une méthode pour atteindre la qualité environnementale,
la certification, façon de reconnaître la démarche HQE,
Pour l’élaboration des référentiels, Certivéa s’appuie sur des Groupes de Travail (GT) constitués d’experts bénévoles. Leur qualité et leur nombre confirme la pertinence de l’action. Aires, qui participe à leurs travaux, a fortement contribué à leur mobilisation.
En une dizaine de séances, le GT élabore une Version 0 (V0), validée par le Comité de pilotage puis testée sur des opérations pilotes. Cette V0, enrichie des enseignements des tests, est mise en consultation publique pendant un mois.
Elle comporte :
le référentiel QEB (Qualité environnementale du bâtiment - Exigences des 14 cibles),
le guide pratique relatif aux enjeux, références, documentations, réglementations applicables, explications, exemples de dispositions pouvant être prises. Il explicite le référentiel au regard, notamment, des spécificités du secteur du sport, du développement durable du territoire dans lequel s’inscrit l’opération, de la qualité d’usage.
le Système de Management de l’Opération (SMO).
Pour les salles multisports, il a été ajouté dans le SMO un projet sportif d’équipement (PSE), étape d’aide à la définition du projet. Son objectif est que le maître d’ouvrage se pose en amont toutes les questions pour préciser les objectifs, situer l’opération dans le territoire à desservir, et partir sur de bonnes bases en se donnant les meilleures chances d’une réussite la plus globale possible, dans une approche de développement durable. Pour les piscines il n’a pas encore été pris de décision.
La Version 1 (V1) du référentiel, qui permet la délivrance de certifications doit être approuvée par le Comité d’application.
En 2009
La V0 « Salles multisports » a été validée le 18 décembre 2009.
Elle est disponible sur :
- le site de AIRES
le site Certivéa : Référentiel Equipement Sportif - Version 0 pour Test
Piscines : un Groupe de réflexion préparatoire (AIRES – Certivéa) a été constitué en avril 2009, pour que le GT « Piscines » puisse commencer ses travaux début 2010 sur des bases approuvées par le comité de pilotage. Il s’est réuni plusieurs fois et s’est élargi au Ministère chargé des Sports et à la Fédération Française de Natation. De très nombreux points méritant attention, ont été mis en évidence. Ils correspondent aux réflexions d’ordre général évoquées précédemment.
En 2010
Lancement de l’élaboration du référentiel Piscines, action soutenue par le MEEDDM (Ministère de l’environnement, de l’énergie, du développement durable et de la mer) qui participe financièrement.
Champ du référentiel
Le Comité de pilotage a retenu la dénomination « Piscines » et un champ concernant les piscines de type 1 au sens de la norme NF 15-288 : piscines dont les activités aquatiques constituent l’activité principale (par ex : piscine municipale, ludique, parc aquatique, parc nautique) et dont l’usage est public, défini comme « utilisation d’une installation ouverte à tous ou à un groupe défini de personnes, et qui n’est pas destinée uniquement au propriétaire, à sa famille et aux personnes qu’il invite, indépendamment du paiement d’un tarif d’entrée ». Ces piscines comportent au moins un bassin couvert et éventuellement un ou plusieurs bassins en plein air. Ces bassins sont artificiels, leur eau est filtrée, désinfectée et désinfectante, renouvelée et recyclée. Ils permettent l’accueil d’au moins l’une des 3 pratiques suivantes : Apprentissage (scolaire), Sportive, Loisir. Par la suite d’autres champs pourront être couverts.
Le GT est constitué de représentants de l’association HQE, AIRES, Certivéa, ministère de la Santé et des Sports (Bureau des équipements sportifs), maîtres d’ouvrage, programmistes, architectes, bureaux d’études, gestionnaires, usagers [CNOSF, Fédération Française de Natation, Education Nationale…]…et la DGS (Direction Générale de la Santé) compte tenu de l’importance des aspects hygiène/santé/confort.
Le GT s’est réuni 3 fois. Six autres réunions sont programmées.
Le travail n’est pas simple car :
la réglementation concernant les aspects sanitaires et hygiène n’est pas complète, la réglementation thermique ne s’applique pas aux piscines,
les notions de confort sont difficiles à qualifier et à quantifier,
les multiples interactions rendent difficile la fixation de performances par cible .
La V0 du référentiel devrait être validée par le Comité de pilotage en décembre 2010.
Remarques générales
Il est essentiel que les maîtres d’ouvrage et leurs partenaires soient informés clairement sur les objectifs de la démarche, ses limites, son articulation avec le développement durable et les outils tels que l’AEU (Approche Environnementale de l’Urbanisme), Bilan Carbone, labels HPE (Haute Performance Energétique)…et sur son intégration au processus complet d’une opération, de la programmation à l’exploitation, opération dont l’objectif premier est la qualité d’usage.
La HQE® des bâtiments consiste à maîtriser leurs impacts sur l’environnement extérieur et à créer un environnement intérieur sain et confortable. Elle ne porte que sur la dimension environnement du développement durable. On raisonne au niveau du site et non du territoire desservi. La démarche HQE ne suffit pas à « faire » du développement durable, mais elle y contribue.
La cible n°1 « Relations des bâtiments avec leur environnement immédiat », si plusieurs localisations sont possibles et comparées en prenant en compte l’ensemble des impacts économiques, sociaux et environnementaux sur le territoire concerné, peut être une passerelle vers le développement durable.
Cette cible est la principale. Elle correspond aux phases cruciales, programmation et conception architecturale, où la possibilité d’injecter de l’intelligence dans le projet est maximale, permettant de faire la liaison qualité d’usage/HQE et d’éviter une réponse HQE essentiellement technique. Mais elle est souvent mal comprise. Des architectes reconnus n’y voient que l’insertion architecturale dans le site. Or elle doit permettre de soulager la plupart des autres cibles par des moyens naturels, sans surcoût, et ne nécessitant pas de compétences particulières lors de l’exploitation et de la maintenance.
Une mise en œuvre efficace de la HQE nécessite une maîtrise d’ouvrage décidée. Il lui appartient de fixer les performances à atteindre pour toutes les cibles, de favoriser le travail en équipe et un management environnemental. Plus tôt le souci de la qualité environnementale est exprimé, plus les grands sont les apports de la HQE et plus faibles seront les « surcoûts ».
Le facteur humain est trop souvent négligé, lors de la réalisation, et surtout lors de l’exploitation (gestion, maintenance, comportement des utilisateurs) où il peut être prépondérant.
Des surcoûts de l’ordre de 10 % sont couramment annoncés. Or l’intelligence (cible n°1, traitement des interfaces entre cibles …) permet de les réduire très sensiblement, voire de les supprimer. De toute façon on est forcément gagnant, si on raisonne en coût global qui prend en compte non seulement les dépenses d’investissement mais aussi celles de gestion (fonctionnement, entretien, maintenance) sur la vie de l’équipement. Il y aurait cependant beaucoup à dire sur ce coût global qu’il conviendrait d’élargir et qu’il vaut mieux prendre comme une démarche d’aide au choix que comme une méthode de calcul scientifique.
Notons enfin que le principe de subventionner les surcoûts pousse les responsables d’une opération à en faire apparaître, et qu’il faut comparer des choses comparables et en particulier prendre un coût de base correspondant au respect de toutes les réglementations.
Roger Bonnenfant Secrétaire général de Aires 15 06 10