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publié le 4 décembre 2009

“ Loughborough, ses terrains de sport et son labo high-tech  ”

LE MONDE | 27.11.09

C’est un paradis pour les gambettes épilées et les muscles en mal d’exercices. A 200 km au nord de Londres, Loughborough, une université vaste comme une ville de 15 000 habitants. Les étudiants foulent les terrains aussi verts que l’émeraude grâce à un ciel généreux en pluie... mais pas seulement. Loughborough est réputée pour être le neuvième campus d’Angleterre et le premier dans le domaine du sport. Ses infrastructures ont de quoi faire rougir les grandes fédérations internationales. Ne parlons pas de la piscine, où l’équipementier Speedo teste l’efficacité technologique de ses maillots de bain. Evitons d’évoquer l’impressionnante piste d’athlétisme couverte où s’entraînent les champions anglais ou étrangers. Et que dire de l’immense salle de gymnastique du campus ? Près d’une quarantaine de caméras filment sous tous les angles chaque gymnaste en action. "Nous allons reproduire sur ordinateur tous ses mouvements et les modéliser comme un jeu vidéo, explique un technicien. Cela va lui permettre d’améliorer sa technique ou d’en inventer une nouvelle." Contre 3 400 euros de frais d’inscription par an, l’université est ouverte à tous les athlètes. Des sportifs japonais ont choisi de s’y installer pour préparer les Jeux de Londres de 2012. Mais Loughborough s’enorgueillit surtout d’abriter "le plus grand groupe de recherche technologique sportif du monde". Le professeur Mike Caine dirige cet institut de 50 personnes, doté d’un budget de quelque 5 millions d’euros par an. Les spécialistes du biomécanisme n’ont qu’un but : améliorer la performance des matériels en partenariat avec de grandes marques. Dans une pièce minuscule, une machine reproduit le swing d’un golfeur. Quel est le meilleur impact pour frapper la balle ? "C’est à nous de le trouver", explique Mike Caine. Trouver aussi le son qui "rassure" le golfeur lorsqu’il frappe, "comme lorsque vous fermez la porte d’une Mercedes. C’est sécurisant, cela veut dire que c’est de la bonne qualité", ajoute le professeur. Une autre machine frappe un ballon, un ordinateur reproduit la scène en trois dimensions. "On travaille avec Adidas pour développer les ballons pour le Monde ou l’Euro", précise Mike Caine. Déterminer le meilleur collage, celui qui résistera aux intempéries. Le ballon de la Coupe du monde 2010 est façonné ici. "On ne peut pas encore le montrer, sourit M. Caine, mais il sera adapté au climat de l’Afrique du Sud."

Mustapha Kessous (Loughborough, envoyé spécial)

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