Le CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment) vient, dans l’édition du 12 décembre de « Webzine », de publier un article très intéressant intitulé « A nouveaux stades, nouveaux défis »
Extrait
« Les stades ne sont plus ce qu’ils étaient ! Terminés les amphithéâtres romains, bienvenue dans les stades multi-vocationnels destinés aussi bien au football qu’à la natation, à des concerts classiques qu’à des spectacles de variétés ou à toute manifestation rassemblant plusieurs dizaines de milliers de personnes… Phares des villes d’aujourd’hui, les stades ont vu leur architecture, design et dimensions évoluer. Et par là même les enjeux qui y sont liés ! C’est en amont de leur construction, qu’intervient le CSTB. Là où le confort des spectateurs devient l’enjeu majeur des concepteurs. La notion de "confort" dans les stades est difficile à appréhender. Dans cet espace hybride, espace mi-ouvert, mi-fermé, elle est largement liée à la morphologie architecturale de l’ensemble (forme, dimension, orientation…) mais aussi à d’autres facteurs tels que l’emplacement géographique, le niveau d’ensoleillement ou de pluviosité. Le travail du CSTB, contacté par le bureau d’études, le cabinet d’architecte, la municipalité concernée ou l’opérateur privé (OL) consiste dès lors à analyser et mettre en parallèle différents critères liés aux trois domaines que sont l’aérodynamique, l’acoustique, ou l’éclairage. Cette triple approche permet d’appréhender au plus près "l’atmosphère et l’ambiance du stade, ô combien essentielles pour le plaisir de spectateur et donc… pour une fréquentation maximale ! Gérard Grillaud, ingénieur au CSTB : "Nous avons travaillé pour le futur stade Léo Lagrange de Toulon. C’est un stade tout en longueur avec deux tribunes positionnées en quinconce, le tout couvert par une structure à trois arcs de 130 mètres de portée chacun. Quel dimensionnement au vent, en l’occurrence le mistral ? Quel niveau de confort en haut des tribunes, notamment l’été ? sont des exemples de questions qui nous ont été posées." …Construction d’une maquette, passage en soufflerie... Pour le stade du Mans, si la question du dimensionnement au vent et du confort dans les tribunes était aussi à l’ordre du jour - du fait notamment de l’étonnante dissymétrie de la couverture - d’autres questions étaient à aborder. "Nous avons travaillé en soufflerie sur l’homogénéité de l’aire de jeu, poursuit Gérard Grillaud. Il fallait évidemment que l’ensemble du terrain présente les mêmes caractéristiques où que l’on se trouve. Et puis nous nous sommes posé la question de la pluie : où tomberait-elle ? Serait-elle une gêne pour les spectateurs ? Et qu’en serait-il, combinée avec du vent ?" Le Mans n’est pas Toulon ! Ici, le CSTB s’est livré à des études numériques en complément des études expérimentales en soufflerie… Autre exemple encore à Lyon, avec le futur OL Land, Olympique Lyonnais Land, qui pourra accueillir environ 60 000 personnes. Cette fois-ci, ce sont les acousticiens du CSTB qui ont été contactés. Tout d’abord, pour étudier le confort acoustique au niveau du parvis extérieur (bruits venant de la rocade toute proche), mais aussi pour évaluer l’impact sonore du stade en fonctionnement (matches de foot, concerts) au niveau des riverains… Stade du futur L’un des projets les plus ambitieux sur lequel travaille actuellement le CSTB est sans doute le stade de Lille. Un stade dont on parlera au conditionnel puisque l’instruction du permis de construire débute tout juste : un stade s’ouvrant et se fermant entièrement ; un stade dont le terrain central se séparerait en deux, la moitié se levant (6 000 tonnes !) et venant se placer au-dessus de l’autre ; le tout révélant un terrain de hand-ball, de tennis ou une salle de concert… Le CSTB travaille aujourd’hui en soufflerie notamment sur le dimensionnement au vent – sur la base de 11 configurations différentes – et également sur le confort des spectateurs... »