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publié le 22 mai 2008

“ Les stades de football de l’Euro 2008 ”

Les stades de football de l’Euro 2008 : épisode 1

A moins d’un mois du début de l’Euro de football en Suisse et en Autriche, lemoniteur-expert.com vous propose un tour des stades qui accueilleront les matches. Qu’ils soient sortis de terre spécialement pour l’événement ou que les enceintes déjà existantes aient été rénovées et agrandies, les stades suisses et autrichiens présentent pour la plupart des innovations architecturales, techniques et économiques typiques des stades du XXIe siècle. Aujourd’hui, le Parc Saint-Jacques de Bâle en Suisse où aura lieu le match d’ouverture le 7 juin.

Le Parc Saint-Jacques : la perle de Bâle

Le Parc Saint-Jacques (Sankt Jakob Park en Allemand), surnommé le "Joggeli", est né au début des années 50. Destinée à recevoir des matches de la Coupe du monde 1954, cette enceinte contenait 58 000 places dont une grande partie debout. Mais au début des années 90, la FIFA impose des règles de sécurité draconiennes, auxquelles la configuration du "Joggeli" ne répond plus. A l’époque, une simple rénovation est jugée trop couteuse. Un nouveau "Joggeli" doit donc sortir de terre. Le moins que l’on puisse dire c’est que la ville de Bâle met alors les moyens. Coût total : 220 millions d’euros. A la réalisation, l’entreprise de construction Marazzi AG. A la conception, deux des plus célèbres architectes du pays : Jacques Herzog et Pierre De Meuron, créateurs notamment de l’extension de la Tate Modern à Londres et du futur stade Olympique de Pékin. Les deux hommes ramènent le Parc Saint-Jacques à une capacité de 31 500 d’abord puis 42 500 places assises dans une configuration ultramoderne. Des exercices d’évacuation du public ont ainsi montré qu’il ne faudrait que sept minutes pour vider l’ensemble du stade de ses spectateurs.

Plus qu’un stade Tout a été prévu pour assurer une qualité de jeu optimale. D’une longueur de 105 mètres et d’une largeur de 68 m, le terrain s’étend sur 8 000 m”. La pelouse repose sur des fondations conçues en cinq couches successives d’une épaisseur totale de 85 cm : carton de toiture, laine de verre, gravier, sable et humus. Pour en assurer la "jouabilité" permanente, un réseau de tuyaux de 24km pour la réchauffer a été installé et un tube en néoprène long de 12km en assure la ventilation et l’irrigation souterraine. Mais au-delà de ces contingences sportives, Herzog et De Meuron ont voulu inscrire "le Parc" dans un projet urbain beaucoup plus vaste. Ainsi, le stade abrite-t-il un centre commercial, des bureaux, des restaurants, un centre de fitness et même... une maison de retraite de 107 appartements ! Et un système photovoltaïque installé sur le toit des tribunes livre quelques 130 MWh d’électricité par an à la bourse solaire des services industriels de Bâle. Le Parc Saint-Jacques s’inscrit donc dans la nouvelle lignée des stades "multifonctions" destinés à accueillir des événements autres que du sport. L’UEFA a accordé 4 étoiles au nouveau stade, soit la meilleure note possible pour un stade de 30 000 places. C’est sans doute pour cette raison que la majorité des matches "suisses" de l’Euro (six au total dont le match d’ouverture et une demi-finale) se joueront au "Joggeli". Adrien Pouthier www.lemoniteur-expert.com

Les stades de football de l’Euro 2008 : épisode 2

le Wörthersee Stadion de Klagenfurt en Autriche.

Le Wörthersee Stadion : "l’OVNI" de Klagenfürt L’architecte viennois Albert Wimmer, chargé de la création d’un nouveau stade à Klagenfurt a imaginé le Wörtherseestadion comme un écrin précieux de verre, de béton et d’acier capable de s’intégrer dans un paysage exceptionnel. Le stade, entouré de collines est en effet posé au pied des montagnes et au bord du lac Wörther. Les habitants de Klagenfurt, impressionnés par sa forme, son armature d’acier et ses 32 000 m” de toiture transparente à 32 mètres au-dessus du sol, ont surnommé le nouveau stade "l’OVNI". Un "OVNI" d’un coût total de 65 millions d’euros entièrement assumé par la ville qui en est le propriétaire. Démoli en novembre 2005, le vieux stade de Klagenfurt a été reconstruit à partir de janvier 2006 et inauguré officiellement en septembre 2007. Sa capacité est alors portée à 32 000 places assises. Pour la construction de ce stade, 60 000 m3 de terre ont été déplacés et un total de 67 000 m de colonnes en vibro-remplacement a été planté pour sécuriser le sol. En effet, le Wörtherseestadion est une masse de 21 000 m3 de béton et de près de 10 000 tonnes d’acier.

Matériaux ultramodernes Le rez-de-chaussée et le premier étage sont conçus avec des systèmes d’isolation thermique extérieure (ETICS) et la façade est structurée par des rails. La toiture a été réalisée en plaques à parois multiples de vitrage thermoplastique polyvalent (Lexan Thermoclear de GE), une matière qui offre la transparence du verre tout en évitant ses inconvénients : poids, restrictions en matière de conception et fragilité. Résistantes aux chocs, les plaques sont dotées sur une ou les deux faces d’un traitement de surface spécial qui assure une résistance excellente contre l’action des UV, tout en transmettant parfaitement bien la lumière. Elles résistent aux contraintes dues au vent, au poids de la neige et aux orages. Ces plaques seront également utilisées dans les cloisons, les abris des joueurs, les balcons, les enceintes d’allée de circulation et les entrées. Comme le stade est situé près d’un quartier d’habitation, des aménagements ont été prévus pour protéger les habitants du bruit et de la lumière (le système d’éclairage du stade notamment a été conçu pour cela). De plus, des mesures environnementales importantes sont envisagées : économiseur de chaleur, production d’énergie solaire, et récupération des eaux pluviales. Comme la plupart des stades autrichiens de l’Euro, la capacité du stade de Klagenfurt sera ramenée à 12 000 places en 2009. Une "déconstruction" d’un coût de 7 millions d’euros qui sera assurée par le Gouvernement Fédéral autrichien. Les tribunes seront alors réutilisées pour d’autres stades du pays. Adrien Pouthier www.lemoniteur-expert.com

Les stades de football de l’Euro 2008 : épisode 3

Le Wankdorf de Berne : un stade capital

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Les stades de football de l’Euro 2008 : épisode 4

Le Letzigrund : la merveille de Zürich

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Les stades de football de l’Euro 2008 : épisode 5

Wals-Siezenheim Stadion de Salzbourg, entre histoire et modernité

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Les stades de football de l’Euro 2008 : épisode 6

le Stade de Genève : une histoire typiquement suisse

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Les stades de football de l’Euro 2008 : épisode 7

le Tivoli Neu Stadion d’Innsbruck, le chaudron tyrolien

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Les stades de football de l’Euro 2008 : épisode 8

Samedi 7 juin débute l’Euro de football en Suisse et en Autriche. Lemoniteur-expert.com vous a proposé ces dernières semaines un tour des stades qui accueilleront les matches. Voici le dernier épisode.

8e et dernier épisode : le Ernst-Happel Stadion de Vienne, le doyen, qui accueillera la finale du 29 juin.

C’est le plus grand stade d’Autriche. Un géant de près de 50 000 places. Et un stade historique. Le dernier de ces mastodontes de béton construits au début du XXe siècle et sensés marquer leur époque. Le stade Ernst Happel de Vienne n’a pas échappé à l’Histoire. Construit entre 1929 et 1931 pour accueillir la deuxième "spartakiade des travailleurs", ces Jeux Olympiques parallèles "non bourgeois" créés par la branche sportive de la Seconde Internationale communiste, le stade est à la fois le théâtre des exploits de la Wunderteam, l’invincible équipe nationale autrichienne des années 30, du "match de l’Anschluss" qui voit en 1938, la victoire 2-0 de l’Autriche sur l’Allemagne qui l’a annexée quelques jours avant, mais aussi des exactions de la Gestapo, qui y détient pendant le mois de septembre 1939, mille hommes juifs qui seront déportés à Buchenwald…

Le Prater, Ernst Happel et 90 000 supporters Bâti dans le quartier du Prater de Vienne dont il portera le nom jusqu’en 1993 avant d’être rebaptisé du nom d’un légendaire joueur et entraîneur autrichien, le Ernst-Happel Stadion est l’œuvre de l’architecte allemand Otto Ernst Schweizer. Considéré comme le stade le plus moderne d’Europe à l’époque, sa structure avait été qualifiée "d’utopie faite d’acier, de verre et de béton". Au départ le stade Prater pouvait contenir 60 000 personnes. Dans les années 1950, sa capacité d’accueil fut même portée à 90 000 personnes ! C’est donc l’un des plus grands stades d’Europe qui a accueilli les finales de la Coupe d’Europe des Clubs Champions (la Champion’s League actuelle) de 1964 (victoire de l’Inter Milan), 1987 (Porto), 1990 (Milan AC) et l’Ajax Amsterdam (1995).

Lifting Un stade historique donc qui, au début des années 80, a eu besoin d’une rénovation massive. En 1986, le stade est d’abord réduit à une capacité d’un peu plus de 50 000 spectateurs après la suppression des places debout. Mais c’est surtout son toit qui est l’objet de toutes les attentions. En 1985, un projet à la fois esthétique et techniquement achevé d’un toit totalement couvrant est proposé par Voest Alpine-Hebag. Le projet est d’autant plus apprécié que les concepteurs prouvent que les structures historiques du stade ne nécessitent pas de renforcements pour porter la charge du toit et prévenir les intempéries. Le toit du "Ernst Happel", qui mesure 48 m de large, forme un anneau recouvrant une surface en ellipse de 270 m sur 215 m. La charpente d’acier est la combinaison d’une "coque" constituée d’un réseau de barres et d’une structure en suspension. La charge du poids est transmise de l’intérieur de l’anneau en suspension à la charpente, constituée de barres rectangulaires et de barreaux d’acier circulaires. La pression exercée à l’extérieur de l’anneau est supportée tout autour par une charpente faite de supports identiques, qui reposent très exactement sur les structures existantes des tribunes en béton. Les terminaisons de ces supports absorbent les mouvements de la structure dus aux changements de température. Environ 1 700 tonnes d’acier au total ont été utilisées pour la structure du toit. Un toit équipé évidemment d’un éclairage perfectionné et de caméras de surveillance. Joli chapeau donc pour une "vieille dame", le surnom donné au Ernst-Happel Stadion par les Viennois, qui a même eu droit à un lifting en prévision de l’Euro 2008. Un lifting de près de 37 millions d’euros. Mais un lifting qui lui a valu cinq étoiles de la part de l’UEFA. Pour être belle on ne compte pas.

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